Le Vini Lab, mon bateau laboratoire pour démocratiser le foil

Le Vini Lab, mon bateau laboratoire pour démocratiser le foil

Mon projet de développement du moment en tant qu’ingénieur pour aider à démocratiser le foil dans le futur : le Vini Laf !

C’est un prototype à foil éco-conçu, un vrai laboratoire accessible financièrement et surcyclé à 90%, un petit bijou innovant que j’ai hâte de faire voler sur l’eau !

« On a pensé à un bateau le plus petit possible, où tout est réglable avec des ficelles. Le puit de foil a 5 degrés de liberté. Les foils tribord et bâbord sont différents. La dérive est réglable en tilt et en angulation. Le bateau est versatile. » 

Il sera disponible pour les concepteurs navals pour tester et valider les innovations.

Pour découvrir cette plateforme dans ses détails, retrouvez l’article complet de Boat Industry :

https://www.boatindustry.fr/article/35419/vinilab-un-bateau-laboratoire-miniature-pour-preparer-la-democratisation-du-foil

America’s Cup – Ils l’ont fait !!

America’s Cup – Ils l’ont fait !!

Les kiwis viennent de conclure une incroyable victoire pour défendre dans leurs eaux le plus vieux trophée sportif du monde. Quel incroyable match, régate, événement. Alors oui certains détracteurs diront que c’est une course de milliardaires, qu’il y a trop d’argent en jeu… Et ils ont peut-être raison mais en tant que fan, athlète, marin et technicien, c’est pour moi la plus incroyable et passionnante régate du monde. Il y a l’histoire, l’héritage culturel qui est incroyable, il y a l’intrigue et le bras de fer psychologique, il y a les secrets, l’espionnage, il y a le développement technologique sans limite, il y a le temps qui passe et des centaines de personnes qui travaillent nuit et jour dans chacune des équipes pour un seul objectif : être prêt le jour J avec le bateau le plus rapide de la flotte et l’équipage qui sache l’utiliser le mieux possible pour remporter le droit d’organiser la prochaine édition. 

Et finalement, tout se joue sur l’eau, cette fois-ci sur les machines volantes de 75 pieds qui filent à plus de 50 noeuds, à quelques mètres les uns des autres. Il y a eu deux bateaux absolument incroyables avec des équipages qui sont sincèrement exceptionnels. On a eu l’occasion de voir des courses de match-racing où le duel se joue à celui qui sera le plus solide, à celui qui prendra la bonne décision au bon dixième de seconde. Je pense qu’on ne se rend pas compte du niveau de ces gars-là. Il y a bien sur le côté physique avec des athlètes qui produisent des centaines de watts avec leurs bras, mais il y a le cerveau de ces types incroyables qui ont pu imaginer ces machines, les construire, les améliorer et finalement les utiliser. 

Il faut se souvenir qu’il y a quelques mois seulement le concept de monocoque à foil sans quille n’existait pas. Que le premier concept nous a tous intrigué et certains étaient dubitatifs. Et le résultat est juste époustouflant avec des vitesses jamais vues en course. Ils ont créé un immense Moth à foil, et ceux qui sont à bord de ces machines sont les meilleurs mothards du monde. 

J’ai eu l’immense privilège de côtoyer certains d’entre eux, pour qui j’ai un profonde admiration :

Pete Burling, le barreur du syndicat kiwi. Natif de Tauranga, la petite ville de l’iîe du Nord de la Nouvelle Zélande où j’ai habité un an en 2009, j’avais brièvement entendu parlé d’un gamin hors norme du club… C’était lui. Rencontré en 2015 lors du mondial de Moth en Australie, j’avais bu une gorgée pour la coupe du monde qu’il venait de remporter ce jour-là et discuté quelques brefs instants avec lui. 2,5 ans plus tard je le recroise au mondial de Moth en Italie. Il vient vers moi et me demande comment ça va… Il se souvenait de mon nom, de ce que je faisais, alors que le garçon avait remporté la coupe entre temps… J’ai pensé qu’il m’avait suivi sur les réseaux mais non, il a fait la même à mon ami David, architecte, qui était à mes côtés à ce moment-là. Un garçon d’une classe, d’une gentillesse et humilité rare. Un champion purement exceptionnel qui nous a donné un cours de voile à chaque fois que notre chemin a croisé le sien.

Glenn Ashby. Le grand maitre, l’homme le plus bienveillant, humble et talentueux que l’on puisse imaginer. Je me souviens d’un soir où il reconstruisait son Class A dans la nuit, posé sur deux barrières lors du championnat d’Europe en 2018, à la lumière des projecteurs. Comme je dormais dans mon camion sur le parking tout à côté, je lui avais donné un coup de main, comme souvent on le fait entre coureurs, on était 4 ou 5. Le matin même, me voyant galérer à monter ma grand voile avant d’aller sur l’eau (je débutais alors en Class A), il était venu et m’avait expliqué comment faire, avait hooké ma GV et était parti gagner toutes les manches sans rien attendre en retour. 

Mon fait d’arme est d’avoir été l’un des 2 seuls à le battre sur une manche lors de ce championnat… Mais il naviguait alors avec un safran en moins !! Depuis, j’ai une profonde admiration pour lui. Il avait d’ailleurs pris le temps de boire un café avec moi à Auckland lors de mon pit stop il y a 1,5 ans avant l’Australie. J’avais fais en sorte de m’arrêter le voir, de saisir ma chance. Il m’avait écouté attentivement, il avait posé des questions sur ce que j’avais aimé des bateaux que j’avais vu. J’ai toujours rêvé de travailler pour une équipe comme celle-ci, mais ils étaient déjà staffé. Peut-être une prochaine fois !?

Il y a le meilleur architecte naval du monde, le français Guillaume Verdier, qui transforme en or tout ce qu’il touche. Il a le concept, la philosophie, l’expertise et la capacité de penser différemment. Il rêve d’un concept et optimise la structure en même temps. Et c’est bien simple, il n’existe aucun autre architecte aujourd’hui avec un palmarès de cet acabit. Absolument tout ce qu’il touche gagne et c’est pour une raison. Il est juste, et de très loin selon moi, le meilleur. J’ai eu l’immense privilège de le rencontrer lors de mon année de césure à Tauranga, où je travaillais comme stagiaire ingénieur sur le JP54, le bateau de croisière de JP Dick qu’il avait dessiné. Difficile à joindre, le garçon était débordé tellement il était demandé de toutes parts. Il m’avait expliqué sa philosophie, ce qu’il voulait que je fasse, et m’avait laissé la liberté et la confiance de prendre certaines petites décisions. J’avais passé quelques jours avec lui et je n’oublierai jamais cet échange avec ce génie génial pour lequel je voue une profonde admiration. Son humilité, d’ailleurs, est à l’image de son talent, comme celui de tous ceux qui constitue cette incroyable équipe.

C’est bien grâce à cette équipe qui gagne tout depuis 1999 que j’ai souhaité apprendre l’anglais, et partir vivre deux années en Nouvelle Zélande 10 ans plus tard. J’ai voulu comprendre comment une si petite nation était aussi forte dans mon sport. Comment ils arrivaient à surpasser les meilleures équipes du monde avec moins de moyens. 

J’ai découvert une attitude d’outsider sans complexe qui fait ce qui est utile et important, qui va à l’essentiel, sans fioriture ni état d’âme. Qui bricole quand il faut bricoler, sans fanfaronner. La soufflerie de l’université en était un bel exemple : faite de tasseaux de bois, avec des entrées d’air shappées en polystyrène recouverts de bâches bleues de jardinage, on aurait pu crier à l’imposture si on ne voyait pas défiler les meilleures équipes de l’AC, de la Volvo, de l’IMOCA et des TP52. Il s’agissait de l’outil le plus efficace du monde. Il existait bien une autre soufflerie qui twistait le vent, mais c’était celle d’un constructeur automobile il me semble à Milan qui devait coûter 10 ou 50 fois plus cher. J’ai bien retenu ça et, depuis, je l’applique à mes projets consciencieusement. 

J’applique mon énergie là où les gains de performance sont les plus grands. On m’a parfois reproché que mes bateaux ne soient pas les plus beaux, les mieux finis de la flotte, mais c’est parce que je fais des noeuds de chaises là où ça suffit, et que je préfère polisher mes foils ou préparer une nouvelle bôme qui me fera gagner beaucoup de vitesse plutôt que de dépenser mes ressources en temps et argent qui me sont limités pour refaire une peinture qui ne me fera gagner probablement rien d’autre qu’un wahoo de mes concurrents. Et je suis à l’aise avec ça, sans complexe. Le jour où j’aurais un budget confortable, j’aurais une peinture impeccable mais là, j’ai juste la machine la plus rapide que je puisse avoir à cet instant et ça me convient bien.

Mais revenons à la Coupe. Ce qui me fascine c’est la capacité de ces gars-là de se réinventer à chaque instant, à progresser, à s’améliorer à chaque seconde. S’ils font une erreur, ils la corrigent et ne la refont plus jamais. Ils ont une difficulté, il développent une manière de la contourner. 

On a vu les italiens naviguer avec deux barreurs, un de chaque côté… C’est du jamais vu mais ça a marché, en améliorant leur communication ils ont pu bénéficier de l’avantage d’avoir deux cerveaux presque connectés et ça fonctionnait super bien, malgré des débuts parfois un peu difficiles. Les kiwis, eux, étaient 5 dans la boucle de communication tactique. Ils ont même réinventé leur manière de prendre des décisions, sur des bateaux où on ne peut pas voir ce qui se passe de l’autre côté car les voiles sont scellées au pont… Les kiwis avaient la possibilité d’aller plus vite mais bas, à l’inverse les italiens avaient un mode haut et lent au près. Une fois les kiwis libre du contrôle de leur adversaire, ils gagnaient, mais Luna Rossa a réussi à les garder derrière après avoir pris l’ascendant sur le départ sur plusieurs manches. Mais les kiwis se sont améliorés et ont a chaque fois réussi à se débarrasser du contrôle de leur adversaire pour les doubler sur les 5 dernières courses. Un exemple de tactique où il fallait choisir le bon mode du bateau en fonction des bascules de vent. J’ai vraiment adoré regarder chacune des courses le matin, ça fait tellement envie !!

En face des kiwis, il y avait une équipe incroyable également. Jimmy Spithill dit « le pitbul », 4e fois qu’il dispute la finale, ayant remporté ses deux premières. J’ai eu l’immense privilège de le rencontrer à bord du Trimaran MACIF de François Gabart. On avait fait une jolie sortie dans le Golfe de Gascogne, il faisait voler le maxi trimaran à la barre face à la houle Atlantique avec une facilité déconcertante. Et après un petit bain forcé à la tombée du jour où j’avais plongé pour enlever un bout de filet de pêche coincé sur le safran, on avait battu le record du bateau lors d’un bord d’anthologie sous les éclairs, barré par le pilote à 47 noeuds… Il nous avait pris pour des dingues à laisser les commandes de la machine à un pilote électronique, ce qu’il n’avait visiblement jamais fait. Je l’avais évidemment bombardé de questions sur la Coupe et son expérience, et c’était un souvenir marquant de ma vie de marin que d’être sur un tel bateau avec un gars comme lui, en plus de François… 

Son coach, « mon grand Gourou » Philippe Presti était d’ailleurs venu faire un petit tour à bord au petit matin. Lui aussi d’une accessibilité rare, avec ses expériences presque inégalées, sa gentillesse et son oeil technique hyper clair. On ressent la passion dans ses yeux quand il vous parle, lui qui est toujours là pour donner un coup de main, partager son expérience, organiser un entrainement pour lancer les jeunes du coin… Ou vous jouer un bon morceau de guitare électrique. J’ai eu l’immense privilège de le côtoyer un peu plus que les autres et sa bienveillance et son talent le place parmi les personnes que j’affectionne particulièrement dans mon sport. Ce n’est pas un hasard s’il dispose de la place de coach pour des équipes ayant eu autant de succès.

Checco Bruni, le second barreur de Luna Rossa, est lui le dernier champion d’Europe de Moth International. C’était mon voisin de parking à bateaux lors du dernier mondial à Perth et lui aussi est un type plein de talent et d’humilité. Je me souviens de l’avant dernière manche du Mondial où j’enroule en tête la première bouée, juste devant lui, j’étends mon avance à 18 secondes à la bouée sous le vent mais m’écroule sur le second près en voulant protéger le milieu du plan d’eau, alors qu’il fallait aller à fond à gauche, écrasé par la chaleur et sans plus d’énergie le dernier jour. Toujours là pour raconter ses histoires, donner des conseils, il fait, lui aussi, partie des personnes que j’affectionne particulièrement.

Ce qui en ressort, c’est que globalement, les meilleurs marins de la planète sont des personnes en or. Ils ont l’humilité des vrais champions, félicitent leurs opposants, sont classes dans la victoire comme dans la défaite, arrivent à avoir le recul qu’il faut sur leur pratique et leur sport, et ont une qualité d’exécution et une capacité de remise en question hors norme.

C’est bien pour cela que je me suis mis à naviguer en Moth après la Mini, car pour moi s’imprégner de cette culture anglo-saxonne de la performance, auprès de marins de ce type, est quelque chose d’extrêmement précieux, qui m’a énormément apporté. J’ai pu voir ce que nous français nous faisions bien, mais aussi ce que les autres cultures faisaient mieux que nous. J’ai pris mes notes et élevé mon niveau de jeu dans une classe ultra difficile. Parfois, j’arrive à battre quelques-uns de ces types là sur l’eau. Il en ressort une satisfaction extrême d’avoir appris et progressé, ce qui me semble être la chose la plus importante du monde.  

Prendre du plaisir, apprendre, progresser, se remettre en question, et partager, dans l’esprit du sport. Il me reste encore une quantité incroyable des montagnes à gravir pour avoir épuisé mes envies, et c’est bien cela qui m’excite autant dans mon sport. 

Merci gentlemen, au plaisir de vous retrouver sur l’eau prochainement, vous nous avez offert un spectacle absolument fantastique qui restera gravé dans les annales de notre sport. Merci, pour la passion, merci pour l’énergie. MERCI, vraiment !

Coupe de l’América

Coupe de l’América

J’ai toujours été un immense fan de la Coupe de l’America. La première fois que je suis allé sur internet, c’était en 1999 pour aller suivre les régates de 6e sens à Auckland, sur www.ledefi.com Je m’en souviens comme si c’était hier ! Après j’ai choisi d’aller finir mes études en Nouvelle-Zélande pour découvrir pourquoi les kiwis sont si bons dans mon sport. J’ai ramené avec moi quelques trucs que j’utilise chaque jour dans mes projets et qui m’aident à améliorer mon efficacité et mon état d’esprit. Notamment cette faculté à aller à l’essentiel, le pragmatisme de fermiers kiwis qui sait tout réparer avec du fil de fer. Pas besoin d’être à la mode pour gagner, ça, ça m’a beaucoup plu !

« Down under » s’est donc déroulé la Prada Cup, où 3 challengers se sont battus en duel sur des espèces de gros Moth de 75 pieds pour gagner le droit de se battre contre les kiwis lors de la Coupe de l’America qui commence le 6 Mars. J’ai suivi tous les matchs, parfois en me levant à 3h du mat’ pour retrouver mon ami Nat’ qui dessine les foils d’American Magic. (Pas du tout passionnés les mecs !!). Et donc il y a eu comme d’hab’ du drame, avec le naufrage des américains en pleine manche après un envol non controlé suivi d’un crash qui a explosé les panneaux de coque. 9 jours plus tard et un bateau reconstruit ils naviguaient à nouveau… Je suis à chaque fois fasciné de voir à quel point ces gars là progressent, ils se remettent en question, réinventent leur manière de naviguer, de communiquer et de réaliser en permanence, j’aime beaucoup cet état d’esprit. On a vu les anglais d’Ineos gagner toutes les manches du premier round robin après une Christmas Cup catastrophique où ils n’avaient rien gagné, puis c’est au tour des Italiens de Luna Rossa d’avoir progressé dans la brise (de 10% apparemment !). Incroyable. La finale a vu des italiens supérieurs en vitesse face aux anglais, et une agressivité sur les départs qui donnait de la chair de poule. Franchement, c’est pour moi la plus belle course à voile qu’on puisse trouver, pour cette dimension d’équipe et de développement technologique qui nous permet à tous de voler aujourd’hui sur l’eau, mais aussi par les aspects psychologiques, tactiques. Je suis un passionné de technique et c’est merveilleux de les observer. J’aurais voulu les voir de mes propres yeux et encore plus aider une équipe mais ce sera pour une prochaine fois compte-tenu du contexte sanitaire. Un grand bravo à tous mes amis de chacune des équipes, les éliminations sont cruelles mais que vous êtes forts !! Pour le match de la coupe en elle-même même, il y a deux équipes incroyablement fortes avec des talents sans commune mesure. Ah, mon coeur balance !! Forza Italia, Go kiwis ! Que le meilleur gagne !

Rétrospective Vendée Globe – Bravo les copains !

Rétrospective Vendée Globe – Bravo les copains !

Quelle émotion ! Totalement stupéfait et admiratif de ce qu’ont réalisé mes petits copains sur le Vendée Globe. Je me souviens très bien de la victoire de Yannick Bestaven sur la Mini Transat 2001 à Bahia, quand j’étais minot mais furieusement passionné par ces petits bolides, et à qui j’ai succédé 12 ans plus tard… Il a admirablement navigué, en imposant son rythme sur un bateau d’une génération précédente. Comme quoi en course au large on peut aussi gagner sans avoir le tout dernier bateau. Il faut être intelligent et efficace autant dans sa préparation que dans sa navigation et Yannick nous a prouvé ça. Vraiment heureux pour lui, son équipe et son sponsor qui ont su faire les bons choix aux bons moments !

Un grand bravo à Armel Tripon qui est issu de ma jolie ville de Nantes – qui a remporté également la Mini Transat en 2003 juste après Yannick Bestaven – avec son super bateau différent des autres. Il a su sortir des sentiers battus et, même s’il a manqué de réussite avec des soucis de hooks qui l’ont empêché de jouer aux avants postes, a prouvé que l’audace paye. Je suis fan de sa démarche et de son attitude positivisme qui nous fait du bien. Quel plaisir de le voir avec le sourire à toute épreuve, il confirme sur cette course que c’est un très grand marin !

Thomas Ruyant, lui aussi vainqueur de l’édition 2009 de la Mini Transat sur le même bateau que moi, Eva Luna – le numéro 667 – a été un exemple de combativité. Il s’est battu avec un foil amputé donc moins performant sur une amure et signe une très belle performance qui ne me surprend pas du tout. Il est à surveiller, c’est un tout bon, il a le mental du gagnant !

Mon petit chouchou c’est Giancarlo Pedote, lui que j’ai rencontré sur le ponton de la Base à Lorient en 2012. Je m’apprêtais, pas rassuré, à partir faire ma première nav’ sur mon Mini, le précédent propriétaire m’ayant planté pour naviguer… Il a du sentir mon désarroi, et en grand frère de la même famille de ministe, a sauté à bord sans hésiter, m’a appris à passer un ris sur la GV (!!) et on est partis en mer faire ma première navigation sur Eva Luna, mon joli 667. Quelques mois plus tard, au départ des Açores, la trouille au ventre de partir pour la longue traversée retour vers le vieux continent dans du vent portant fort – une découverte pour moi – il a su trouver les mots justes, comme toujours, et je suis parti les deux pieds sur le frein mais fidèle à ma ligne de conduite. L’année suivante, après avoir beaucoup échangé sur la préparation, avoir fait la totalité des entrainements en sa compagnie – je me souviens notamment de la fois où, avant de partir s’entrainer, il arrive aux bateaux couverts de givre et me lance, hilare, un « Benoit, je ne peux pas aller naviguer aujourrrd’hui, je n’ai pas prrrris mes aprrrrès skis ! ». La belle histoire a fait que après un bras de fer de 18 jours il est arrivé juste après moi à l’arrivée, et que le troisième, Rémi Firmin, est son boat captain aujourd’hui sur le Vendée Globe, c’est-à-dire le responsable de son bateau ! Tony, mon fidèle ami et préparateur du Moth aussi l’aide… Bref une sacrée bande de potes qui fait ça bien ! Chapeau l’artiste, suis totalement fan ! Surtout qu’il revient avec un bateau impeccable ce qui ne m’étonne pas du garçon, bien joué mon pote je suis totalement admiratif !! 

Damien Seguin – Voile aussi a réalisé une course remarquable sur un ancien bateau. Né sans main gauche, il a toujours navigué sans handicap et au plus haut niveau. Le souvenir qui me revient c’est quand, tout gamin lors d’un stage d’hiver en Optimist, à l’Ecole Nationale de Voile de Quiberon, on admirait ce champion alors en stage de Tornado, le catamaran olympique. Licencié au même club que moi, le SNO Nantes auquel je reste fidèle, Damien ne se sépare jamais de son grand sourire jovial, toujours prêt à échanger, ou rire un peu. Bravo Damien, hâte de te voir sur un bateau de dernière génération !!

Benjamin Dutreux, lui aussi a fait une remarquable course sans budget et avec un vieux bateau, il arrive juste après les premiers. Un garçon en or également, jovial, intelligent, sympathique, il a réalisé une trace limpide sur son tour du monde. Ca se voit qu’il en veut et je le vois bien aller loin… Un bon cheval ce Benj assurément, avec de belles valeurs et un sacré talent !

Que dire de mon ancienne collègue Clarisse Crémer, qui boucle un superbe premier tour du monde sur l’ancien Macif sur lequel j’avais eu la chance de naviguer en 2011 avec François Gabart… Je suis très sincèrement impressionné, elle est allée au bout d’une aventure qu’elle a eu le cran de relever avec l’expérience limitée qu’elle avait et n’a pas à rougir de sa perf. Franchement, c’est beau ce qu’elle a fait ! Finir le tour demande de la ressource mentale et une belle préparation ! Son authenticité nous parle, elle a donné une belle leçon de com’, comme quoi il vaut mieux raconter une belle histoire que de ne parler que de perf et là-dessus je suis raccord avec elle ! Bravo Clacla, et bon retour à terre !

Reste mon pote Alan Roura qui va finir son second Vendée Globe. Il mène sa barque le garçon ! On s’était rencontrés sur la Mini transat également oui, à 19 ans, sans argent mais avec un vieux bateau, il faisait déjà figure de « baroudeur ». Il avait sûrement plus de milles au compteur que tout le reste de la flotte et ce n’est pas étonnant de le voir finir un second tour ! La dernière fois j’étais venu à sa rescousse 3 jours avant le départ, on s’était retrouvés à 15 ministes pour finir de préparer en urgence notre pote pour qu’il puisse prendre le départ de son Vendée Globe. En lui larguant ses amarres, je lui avais soufflé un « essaye au moins d’aller à Bonne Espérance mec », il m’avait répondu un très honnête « c’est pas gagné » et il était parti faire le tour de la grande bleue. Après son premier Horn je lui avais envoyé un petit email en lui témoignant mon admiration et on avait bien rit de le voir arriver de son tour, mais le garçon a de la ressource et des amis, et n’est pas du style à jeter l’éponge. Bon retour mon pote ce soir, et chapeau bas !

Pip Hare Ocean Racing aussi réalise une belle course / une belle aventure sur l’ancien bateau d’Alan. Je l’avais rencontré en Angleterre alors qu’elle était coloc de mon amie ministe Nikki. On avait bien ri ! Bon retour !!

Isabelle Joschke est aussi issue de la Mini, c’est elle qui avait fait construire Eva Luna, mon ancien bateau le 667 en 2007. Elle avait remporté la première étape avant d’avoir des soucis de bout dehors. On a envie de la voir finir son tour du monde !!

Sam Davies sur Initiatives Coeur elle, fait partie de la crème de la crème. Je suis l’un de ses plus grand fans !! Son attitude de grande sportive, ultra positiviste est un exemple qui fait du bien, surtout en ces temps compliqués. Arrêter la course au Cap après une collision, reconstruire la structure de son bateau et repartir hors course finir un tour du monde alors qu’il reste encore deux fois plus de distance à parcourir, il y en a un paquet qui ne l’aurait pas fait, mais pour elle, c’est une évidence. Elle fait partie de ces femmes hors du commun qui forcent l’admiration. J’aurais aimé naviguer avec elle mais malgré les invitations à bord on n’a pas réussi à accorder nos calendriers. Ce sera je l’espère pour bientôt, Sam est une vraie légende, mais ultra simple et accessible comme on les aime, sur un projet initié par mon ami  Tanguy de Lamotte (tous issus de la Mini Transat évidement !) qui m’a, le premier, fait confiance sur son bateau en faux solo. J’ai donc un attachement et une admiration tout particuliers pour ce bateau au grand coeur. Alors encouragez Sam, reviens nous vite !!

Un mot spécial pour Alex Thomson que je n’ai pas la chance de connaitre pour de vrai mais pour lequel j’ai énormément d’admiration. Son attitude de gaulois – ah non pardon : gallois, à faire les choses dans son coin à sa manière, à assumer ses choix qui sont souvent les bons, forcent l’admiration. Il a manqué de réussite et peut-être aussi d’un peu de temps pour mettre au point sa superbe machine mais le garçon a souvent un coup d’avance, alors j’espère juste qu’il gagnera le prochain Vendée Globe !! Il le mérite, surtout que soyons honnête, c’est le meilleur marin du monde en terme de com. Un vrai exemple !

J’ai pu rencontrer le roi  Jean le Cam à quelques reprises lorsqu’il préparait son IMOCA aux côtés de celui de Jean-Pierre Dick chez qui je préparais ma Mini et sous sa chevelure hirsute se cache un technicien et marin hors pair qui nous a apporté énormément de fraicheur, d’émotion et qui restera sans contexte l’un des grands animateurs de ce Vendée Globe, sans aucun doute !!! Merci pour nous tous pour ton authenticité et euh, « voila quoi ».

Yannick Bestaven, vainqueur du Vendée Globe 2021
4e de la Fastnet race 2019 à bord de l’Ultime Actual Leader de Yves Le Blevec !

4e de la Fastnet race 2019 à bord de l’Ultime Actual Leader de Yves Le Blevec !

Ci dessous quelques images de ce voyage à grande vitesse depuis Cowes à cet incroyable rocher qu’est le Fastnet en Irlande puis un retour express vers Plymouth.

On est arrivés 4e derrière les deux gros bras que sont les trimarans Gitana 17 de Franck Cammas et Charles Caudrelier et MACIF de François Gabart, puis Sodebo de Thomas Coville. Les deux premiers s’étant livrés a un match race de plus de 600 miles nautiques pour finir a moins d’une minute d’écart à l’arrivée…

Les 4 ultimes (dont nous !!) ont battu le record précédent de l’épreuve, preuve que c’était une course rapide ! Je retiendrai :

– Un joli départ vent de travers dans le Solent, au beau milieu d’une flottille de bateaux coureurs et spectateurs bien compacte quand on arrive avec un bateau de 23m de large. Le grand Jimmy Spithill nous a roulé dessus à la barre de Macif, il faut dire que eux ont un grand gennacker beaucoup plus plat que le notre donc nous avions choisi une voile plus petite pour tenir l’angle de sortie du solent… Et puis bon les bateaux n’ont pas le même potentiel, on l’a vite vu avec des écarts en vitesse assez importants dès les premières minutes de course !

– Une molle qui nous a vu repasser devant le tout nouveau Sodebo au sud de la Cornouaille. Et oui l’Ultime non plus ca n’avance pas bien quand il n’y a pas de vent ! Mais on a toujours réussi a garder environs 5 noeuds de vitesse pour traverser la transition et repartir avec le nouveau vent au passage des Scilly.

– Le front qui passe 1 minute à peine après notre passage du waypoint du DST (zone interdite) des Scilly, ou le vent tombe et bascule de 90 degrés sur la route. On l’attendait, mais c’était super franc et on était content d’avoir passé le WP juste avant ! Et du coup on avait Sodebo qui venait de nous redoubler en volant dans la nuit 100m devant, avec le traffic tout autour, c’était un chouette moment !

– Ce réveil au petit matin ou le bateau a retrouvé des belles vitesses : cette sensation d’être ballotté dans un train dans un tunnel, l’eau qui court à vitesse grand V sous la carène et devant mon hublot de coque centrale… Les gars endormis tout autour, la relève a assumer, les mecs au taquet dehors… Un réveil comme je les aime vraiment quoi !

– Une belle enroulée du Fastnet au près, ou j’étais à la barre à slalomer entre les bouées de casiers, à nouveau sous un gros grain bien noir qui donnait au rocher des reflets sinistres et qui force le respect… C’était la 4e fois que je le voyais et a chaque fois, on ressent un même pincement au coeur, quelle chance j’ai de faire ce métier !

– Un retour pleine balle à plus de 30 noeuds dans la mer d’Irlande (apparemment on est montés à 38,5 noeuds, pas si mal hein !?) à surfer dans la houle, 3 gars aux écoutes à choquer si ca monte trop, un peu d’adrénaline comme on l’aime aussi !! 😀

– Un passage au sud des Scilly de jour (une première pour moi !!) avec l’envie d’aller voir ce qui s’y passe dans ce coin retranché de l’Angleterre, à raser les cailloux et les DST, a croiser toute la flotte du Fastnet qui, elle, n’avait pas encore commencé sa montée vers l’Irlande (c’est la ou tu réalises qu’on n’a pas tous le même bateau !!), à deviner si c’est un Volvo, un Class 40, un IRC… Les voir défiler sur les cotés comme le paysage depuis le TGV, un grand moment, tous sur le pont pour les dernières heures de course !

– Le passage du mythique Cap Lizard, d’ou commencent et/ou finissent les records du Tour du Monde ou de l’Atlantique…

– L’arrivée devant le breakwater de Plymouth, le débarquement de Ronan notre mediaman puis la préparation pour le retour à petite vitesse vers la Bretagne dans le front qui arrivait, une nuit avec l’estomac qui devait rentrer en résonnance avec le flotteur au vent qui tapait dans la mer (pas mega agréable je précise…). Le passage hors course de Ouessant, puis Tevenec, le Raz de Sein, les Glénan, Groix, Belle Ile et Quiberon sous le soleil, tranquillement.

– La rencontre avec un bel équipage en majorité issu de la Mini, avec des mecs aux talents et expériences incroyables que sont Yves le Blevec – vainqueur de la Mini 2007 – Alex Pella, vainqueur de la seconde étape de la Mini 2005 notamment (et détenteur du Jules Verne et de pas mal de jolis records, mais bien sur rien d’aussi important que la Mini 😜 ), JB Levaillant dont l’expérience en gros multi est juste inimaginablement immense, les gars de l’équipe Erwan et Loick non plus pas en reste, et notre mediaman jeteur de drone Ronan Gladu. Bref, que du monde sympa que je remercie pour leur accueil ! C’était très sympa !!

Merci Yves, Actual Leader, l’équipe et tous les acteurs du Fastnet ! Team Actual Leader

Ultime : La Rolex Fastnet Race à bord d’Actual Leader avec Yves Le Blévec

Ultime : La Rolex Fastnet Race à bord d’Actual Leader avec Yves Le Blévec

Je suis actuellement en route vers Cowes pour participer à la grande classique anglaise, la Rolex Fastnet Race à bord d’un super bateau : l’Ultime de Yves Le Blevec. 
À bord, nous serons 7 : Yves Le Blévec, Alex Pella, Jean-Baptiste le Vaillant, Ronan Gladu, Erwan Lebec, Loic Lingois et moi-même. Je suis ravi de retourner voir ce mythique rocher à bord d’une si belle et rapide monture ! 
Départ de la course ce samedi à (13:30 heure Française) à Cowes au Sud de l’Angleterre, pour un aller-retour au rocher du Fastnet devant Cork en Irlande. Vous pouvez suivre notre aventure sur les réseaux sociaux de la course et du projet d’Yves : https://www.facebook.com/TeamActualLeader
Je vous donnerai des nouvelles à mon retour !

Crédit photo : Ronan Gladu – Team Actual Leader