Conclusion du Mondial de Moth

Conclusion du Mondial de Moth

Le bilan personnel de ce championnat à haut niveau est partagé entre l’immense satisfaction d’avoir conçu un bateau qui en vitesse pure a un énorme potentiel et qui structurellement tient sans soucis et fonctionne vraiment bien, donc ça valide mon travail d’ingénieur réalisé ces derniers mois et c’était mon objectif n°1 sur ce championnat, et celui, plus mitigé mais logique, qui est le constat qu’un bateau neuf comme celui-ci nécessite du temps de prise en main.

Découvrir ce bateau en cours de régate ne permet pas de réellement régater et je me suis senti très en deçà de mes capacités et niveau de jeu habituel sur les phases de régates. Et sur ce plan d’eau où le seul salut est sur la gauche du plan d’eau sur un bord obligatoire, il est indispensable de prendre des bons départs, ce que j’ai eu beaucoup de mal à faire.

Maintenant l’objectif pour le prochain mondial sera de régler ce gréement qui n’est encore pas assez auto régulant à mon goût, et de passer des heures sur l’eau pour savoir utiliser ma machine et réellement régater à mon niveau. Par exemple je cherchais en cours de championnat le compromis sur la hauteur de vol qui permettait de contre gîter plus ou d’avoir moins de surface dans l’eau mais être plus à plat. Mais si on n’arrive pas à stabiliser l’assiette on ne peut pas utiliser la puissance procurée par la contre gite. Normalement une année normale je fais entre 12-17 régates, or cette année je n’ai fait qu’un grand prix en trimaran et un offshore.

Mais je le savais et je suis venu sur ce mondial sans prétention de résultat mais pour voir ce que ce nouveau bateau avait dans le ventre, et malgré la frustration de ne pas jouer à mon niveau (34e/142) je repars en ayant le sentiment d’avoir rempli mon contrat et c’est ce qui compte. L’an prochain je viendrai non pas en tant qu’ingénieur dévelopeur mais en tant que marin régatier, et ça va être une autre histoire !!!

Un immense bravo à Tom Slingsby qui garde haut la main la coupe de ce mondial en gagnant toutes ses manches sauf une où il fait second. Comme à Perth en 2019 sa vitesse était insolente et il ne fait pas d’erreur , donc personne n’a pu rivaliser. Bravo à Ian Jensen et Paul Goodison qui complètent ce podium, et un clin d’oeil particulier a Aymeric Arthaud qui a monté une superbe campagne pour finir 19e et premier français.

Photos : Martina Orsini

Mondial de Moth à foil : un nouveau prototype « full custom »

Mondial de Moth à foil : un nouveau prototype « full custom »

Après une saison en trimaran de 50 pieds (Ocean Fifty), le skipper Benoit Marie est actuellement en Italie avec son Moth à foil, le dériveur le plus rapide du monde, support d’entraînement convoité par les plus grands marins de la Coupe de l’América et des Jeux Olympiques.

Le Mondial de la série commence aujourd’hui sur le lac de Garde jusqu’au 7 septembre. Benoit s’apprête à s’aligner sur ce championnat avec un nouveau prototype fraichement sorti de chantier. 

En parallèle de ses navigations en Ocean Fifty (ex-Multi 50), Benoit a tenu à continuer ses développements sur le Moth : sa soif de développement l’a poussé à poursuivre ses recherches d’ingénieur pour dessiner et construire LE Moth optimisé selon lui pour performer. 

Ce bateau représente la concrétisation de 7 années d’expériences. Avec son design très marqué et ses innovations du bord, ce Moth Volotea attire l’attention de l’élite de la classe depuis sa présentation au lac de Garde cette semaine !

L’objectif de Benoit va être de rentrer une – ou plusieurs – belles places pour valider que ce bateau a de l’avenir, mais c’est bien une démarche d’ingénieur qui prend le dessus pour faire bouger les lignes et penser la voile volante de demain.

Benoit part avec la ferme envie de faire de son mieux sur l’eau : « Difficile de prétendre aux meilleures places compte-tenu de la récente sortie de chantier de mon bateau mais après cette année sur 3 coques et ses difficultés (démâtage en Ocean Fifty), je souhaite vraiment prendre du plaisir et continuer la fiabilisation de mon Moth. Il a des phases super rapides sur l’eau, mon objectif sur ce championnat va être de valider ces phases éphémères dans la constance ».

Genèse du projet avant le top départ !

« Tout a commencé en 2014 au championnat du monde de Moth en Angleterre. Nous imaginions avec mes amis « mothards » ce que serait le Moth à foil de demain ? Les grandes lignes c’était de faire une voile scellée sur le pont pour créer un effet de plaque. De mon côté j’ai développé le gréement en essayant une multitude de manières de le sceller au bateau. Des bords d’attaque et carénages en dur, des toiles tendues, des « decksweepers » qui se relevaient avec une porte pour virer… J’ai essayé pleins de choses pour finalement développer la fameuse bôme en Z qui m’a tant apporté en terme de performances. 

En 2016 avec mon ami Tony nous avons fait le constat que le Moth « Exocet »  était un gros cran au-dessus du « Mach 2 » que nous avions alors. Mais 3 à 4 ans de liste d’attente n’était pas pour nous réjouir. Alors nous avons commencé à concevoir le moth de nos rêves, où tout serait intégré, plateforme et gréement… 

Mais dans la foulée j’ai fais l’acquisition de mon Exocet que j’ai gardé jusqu’à maintenant, et sur lequel j’ai posé cette fameuse bôme en Z. Pas forcément belle d’aspect mais oh combien efficace ! Et fin 2019, mon bateau commandé en 2016 finit par arriver… 

Mais comme je ne suis pas du genre à me contenter de naviguer sur un bateau de série, j’ai entrepris des études numériques pour quantifier les gains de profiler les échelles. Les résultats étant équivoques, il me semblait évident que ce nouveau bateau devait être « full custom ». 

Un tel chantier en revanche ne se confie pas à n’importe qui. Il fallait quelqu’un de compétent, débrouillard, sachant interpréter mes plans pour construire léger, raide, solide et durable, à des couts raisonnables et sans avoir des plans d’architectes, tout en respectant la confidentialité et l’esprit du projet avec une grosse motivation pour aller au bout d’un projet qui semblait simple mis qui, je le savais, ne l’était pas. 

C’est Milan Kolacek de Sea Concept, avec qui je faisais du Mini en 2012, qui répondait le mieux au cahier des charges. Je lui ai donc livré la coque neuve reçue du chantier 1 an plus tôt le 11 Avril 2021, à La Rochelle. 

Entre temps j’avais avancé sur la 3D et le moule était commencé en République Tcheque dans son chantier. 3 mois plus tard et après avoir passé un paquet d’heures en visio à gérer le chantier, optimiser structure, forme et méthodes de fabrication avec lui et avec l’aide si précieuse de Johan Boutserin à la structure et mon fidèle Anthony Rezzoug sur les méthodes, je prenais possession de « la boite » de carbone finie, sur une aire d’autoroute autrichienne, au cours d’un retour du lac de Garde. La suite c’est encore beaucoup d’heures à monter le plan de pont, matelotage, systèmes, à vérifier l’étanchéité, à améliorer le gréement, et à tout optimiser. 

Et, enfin, le 12 août dernier, à l’Ecole Nationale de Voile de Quiberon, et après quelques centaines – voire milliers – d’heures de travail à imaginer, calculer, concevoir, dessiner en 3D, tester les intéractions entre les différentes pièces, faire des pièces pour essayer les nouvelles géométries sur l’ancien bateau pour valider l’ergonomie et limiter les prises de risque, checker les futures performances en CFD, analyser les écoulements, reprendre la 3D, imaginer la méthode de fabrication, re-modifier la 3D en conséquence, re-tester, calculer et optimiser la structure, passer les cordages en virtuel pour s’assurer que ça fonctionnera sans interaction puis enfin lancer et suivre la fabrication, accastiller et mateloter le plan de pont… La magie opéra !

Le premier décollage fut un moment émouvant, de voir son bébé (parce qu’il y a un peu de cela…) décoller pour la première fois, et entrapercevoir son potentiel, m’a apporté une immense satisfaction. Première sortie première casse cependant, j’avais un doute sur l’accroche des sangles de rappel et sur celui du piano. La première a cédé direct, alors j’ai posé quelques plis de carbone pour enlever le doute sur ces deux endroits, et depuis la structure semble super saine. Une vraie satisfaction, surtout quand on sait que le bateau est sorti plus léger que mon devis de poids (une fois n’est pas coutume !). Seconde navigation avec mes camarades français je commence à voir des gains en performance assez important même si tout ne fonctionne pas encore, n’ayant pas eu le temps de monter tous les systèmes… La troisième le vent souffle à un petit 20 noeuds, je claque un 30,9 noeuds de vitesse de pointe, ça sent quand-même le bateau bien né ! Depuis chaque jour la job list se réduit et je suis heureux de prendre le départ aujourd’hui du Mondial en Italie.

Ce bateau est donc le fruit de 7 années de réflexions. Pensé pour optimiser les flux aéro et limiter la traînée de l’air qui représente les 2/3 de ce qui freine le bateau. Ce bateau devrait présenter moins de traînée et plus de puissance. Tous les cordages et systèmes sont cachés à l’intérieur du bateau, la voile descendue au maximum et les échelles au max de ce qui peut géométriquement fonctionner.

Je suis au lac de Garde où je m’entraine depuis déjà une dizaine de jours pour affiner les réglages et enchainer les speed tests. Aujourd’hui je m’aligne sur le championnat du Monde de la série, avec cette fois-ci une approche d’ingénieur et l’envie de faire une – ou plusieurs – jolies places pour montrer le potentiel de mon bateau pensé sur-mesure ! 

J’ai vraiment hâte mais c’est déjà une belle victoire d’être là ! Il faut réapprendre à naviguer car le bateau est assez différent en sensation et utilisation vu qu’il navigue plus vite, plus contre-gité. Retrouver mon aisance, et performer autant que possible sur le Mondial qui est une formidable occasion de naviguer face aux meilleurs.

L’ambition de jouer aux avant-postes reste bien l’objectif à long terme mais ce Mondial va être avant tout une belle occasion de prendre mon bateau en main pour retrouver l’aisance que j’avais avec mon Exocet. J’ai opté pour une année passionnante en multicoque et je n’ai eu que 6 sorties en Moth en Bretagne, avec l’aide incroyable de Jean Truffier qui est venu accélérer la mise au point les derniers jours. Mais on a abattu un travail colossal jours et nuits et le résultat est fantastique, de mon point de vue ! L’objectif de ce championnat est de valider les options architecturales et définir les axes de travail pour la suite, pour poursuivre avec ma double casquette de navigateur-ingénieur avide de vitesse et de performances !

Donc merci Jean, Milan (Sea Concept), MaguireBoats, Kevin Ellway et le Bureau Veritas Group / Hydrocean HO pour les calculs CFD, Johan Boutserin pour la structure, Antony Rezzoug, Quentin et Foil n Co pour la jolie bôme, Marton pour la magnifique 1D – One Design Sails, Jean-Christophe Mathelin de Atypic3D pour les impressions 3D, Elliot, Côme et tous ceux qui m’ont aidé en chemin. 

Là aussi, ça part de là, mais quelle belle réalisation, je suis hyper fier et heureux ! Hâte de m’aligner contre les médaillés olympiques et de tester mon prototype pour voir où il en est niveau performance… »

Suivez toute l’actualité de la course sur les réseaux sociaux @benoitmarienavigateur !

« Foiling Week » : 6ème place au classement général !

« Foiling Week » : 6ème place au classement général !

Benoît Marie a participé durant 4 jours à la « Foiling Week » au lac de Garde en Italie. Il termine 6ème au classement général, le bilan est mitigé pour le skipper mais il retire des aspects très positifs.Retour sur ces 4 jours de course dans son interview : 
Peux-tu nous faire un récapitulatif de ces 4 jours de course ? 

La première journée a été une journée – disons-le – pas géniale. Nous avons eu des conditions de vent qui n’étaient pas adaptées pour envoyer des course. On a tous été assez déçus puisqu’on avait un combat entre deux vents différents qui étaient espacés de 60°. Les bouées étaient mouillées dans des zones sans vent à chaque fois, donc globalement, on faisait la course en volant et puis on finissait par se poser au niveau des bouées à cause du manque de vent. C’était un peu dommage, mais le comité voulait absolument envoyer des manches, et c’est leur choix ! Ce n’était clairement pas un temps pour régater en Moth et en regardant le classement tout le monde alternait entre bons et mauvais résultats…  5 – 7 et 16 pour moi. Sur la deuxième journée, les deux premières manches ont été annulées parce que les bouées avaient été mouillées dans un endroit sans vent à nouveau. Et sur les trois autres manches le vent était peu consistant. Par exemple, à un moment donné, j’avais deux concurrents à côté de moi, et puis j’ai touché un refus de vent mais j’ai été le seul à en être impacté ; c’était totalement inexpliqué. Par contre, j’allais très vite au portant et j’avais l’une des vitesses les plus importantes de la flotte donc ça, c’est super motivant ! Je me hisse à la 7è – 4è –  et 7è place du classement à l’issue des 5 manches.  Sur la troisième journée, on a eu des bonnes conditions pour régater, j’ai pu faire des tours et des tours sans toucher l’eau. J’étais super à l’aise et j’ai pu montrer au reste de la flotte que je savais aller très vite puisque j’ai passé toutes les bouées de la journée en tête et j’ai gagné toutes les manches. C’était l’une de ces journées où tout se passe parfaitement donc c’était super agréable : une bonne technique, une bonne tactique, une bonne vitesse ! Je n’ai touché l’eau que dans une seule manoeuvre, deux « dry races » qui font vraiment plaisir ! Et je remonte sur la 3ème place du podium, bien décidé à tout donner le lendemain pour valider ma place dans le haut du tableau. La quatrième et dernière journée, mauvaise donne avec de la casse matérielle qui me recale à la 6ème place au classement alors que je jouais la gagne. Sur la première manche le bateau se comportait bizarrement, il était difficile à manœuvrer et à garder haut en l’air, comme s’il décrochait plus rapidement que d’habitude… En rentrant à terre j’ai réalisé que j’avais perdu le bouchon qui empêche le bateau de se remplir d’eau, donc j’ai porté des dizaines de litres d’eau… Je finis quand même 4e de la première manche avec de belles remontées notamment sur les portants en plaçant mes gybes aux bons endroits et avec une belle vitesse.Seconde manche ça avait bien commencé dans le groupe de tête et j’ai démâté. Haubans décrochés du mat, manille de tête explosée… Je me dis c’est interdit d’abandonner, je répare et continue la manche! Je plante un axe de spare que j’ai toujours dans mon gilet de sauvetage, sur la ferrure du dessus à coup de leatherman, fais un brelage pour ré-attacher les haubans et l’étai tout ça à la nage en haut du mât avec les concurrents qui passent autour de moi, puis repars en vol avec le gréement pas super bien accroché pour finir classé à la 35e place ! Ensuite je refais mon brelage à l’aide d’un zodiac qui m’aide à le remettre autant que possible dans l’axe, c’est pas parfait mais ça fera le job. J’ai juste le temps de sauter dans le bateau qu’on est deja en procédure de départ pour la manche suivante… Là je réalise qu’à cause de ça mon cuningham s’est décroché donc je passe encore quelques minutes dans l’eau pour le remettre… Du coup avec tout ça je prends le départ de la dernière manche avec 40sec de retard et remonte tant bien que mal la flotte avec mon bateau qui pèse 40 kg de plus que les autres avec toute cette eau qui s’est infiltrée, et mon gréement basculé sur le côté et en arrière avec la réparation. C’est ni rapide ni confortable mais je m’énerve pour scorer une 10e place. Ça montre que vraiment j’étais rapide, mais c’est dommage d’être passé à côté de cette dernière journée pour des problèmes techniques. La casse est certes inhérente aux sports mécaniques, mais c’est rageant surtout que j’avais voulu changer cette manille en arrivant ici mais que ma nouvelle ne rentrait pas sur mes terminaisons de haubans, donc je n’ai pas pu la mettre.   

Quelles sont tes impressions sur cette édition de la Foiling Week ? 

Le management de la course a été en deçà du standard auquel on est habitué dans la classe. C’est un peu dommage d’avoir lancé des courses dans des conditions qui n’étaient pas optimales (c’est aussi l’avis du reste de la classe). Sur le côté positif de cette régate, je retiens que j’avais une super vitesse par rapport au reste de la flotte tout au long du championnat. La flotte progresse chaque année mais je reste encore au top niveau, et c’est vraiment une satisfaction de voir que les efforts pour rester en haut du tableau payent. En terme de vitesse mais également au niveau des manoeuvres : j’ai de quoi jouer la gagne sur des départs internationaux. Il y a forcément toujours des améliorations à faire dans le futur si on veut progresser, mais avec le bateau que j’ai tel qu’il est actuellement je trouve ça très agréable de jouer avec les meilleurs sur le plan d’eau. J’ai manqué de réussite sur cette compétition pour illustrer ces points, mais cette année « covid-19 » n’a pas facilité les choses puisque c’était la seule confrontation de l’année. Mais c’est le cas pour tout le monde donc c’est juste une constatation sur la difficulté de gestion d’une année aussi particulière à tout point de vue. Un grand bravo à mon ami Carlo de Paoli qui remporte le championnat le dernier jour !  

Tu nous parlais d’un nouveau gréement lors de notre dernier échange avant la course, as-tu un bilan à nous faire post-compétition sur ces développements ? 

Clairement j’étais le plus rapide avec mon gréement dans le petit temps ! Par contre, on n’a pas eu de vraie brise donc je n’ai pas vraiment pu tester mon nouveau gréement. J’ai tenté de mettre mon petit mât le premier jour au vu des conditions ventées le matin, mais le vent s’est éteint pour laisser place aux faibles conditions sur le reste du championnat. J’avais donc mon nouveau gréement le premier jour en test mais qui n’était plus adapté aux conditions légères. Je considère donc que je n’ai pas pu vraiment naviguer avec pour cette fois, je vais donc poursuivre mes tests hors régate pour le moment.   

As-tu une anecdote à nous partager ?

 Pas forcément une anecdote, mais un moment marquant le samedi. C’était l’une de ces journées où tout se passe bien, où j’ai le flow, où tout est facile, je faisais corps avec mon bateau. Une sorte de grosse spirale poétique qui reste telle quelle toute la journée. Et ces journées là sont de plus en plus régulières. Quand je réussis à atteindre cet élan là, tout s’accorde et c’est magique. C’est clairement l’un de mes axes de travail de sportif : essayer de reproduire cet état de flow et performer. C’est le graal de tous les athlètes. 

Un petit mot pour la fin ? 

Cette course était un peu mon point final de ma saison de Moth à foil. L’année aura été à part et j’ai envie de m’ouvrir à de nouveaux horizons, de partir sur un projet complémentaire à celui du moth. Je souhaite poursuivre ma  progression sportive, tout en maintenant mes recherches sur des développements qui m’animent. Et tout ça toujours sur des bateaux volants évidemment. Je vous en dirai plus cet hiver, d’ici là je fais route retour vers Lorient, mon port d’attache !


The Foiling Week – Jour 4 (final)

The Foiling Week – Jour 4 (final)

Hier dernier jour de the Foiling Week. Un vent un peu plus faible que la veille qui est monté en cours de journée. Sur la première manche le bateau se comportait bizarrement, il était difficile à manœuvrer et à garder haut en l’air, comme s’il décrochait plus rapidement que d’habitude… Donc je me suis crashé 3 fois dans la manche sur un virement et une enroulée de bouée dans les vagues des bateaux à moteurs… En rentrant à terre j’ai réalisé que j’avais perdu le bouchon qui empêche le bateau de se remplir d’eau, donc j’ai porté des dizaines de litres d’eau… Je finis quand même 4e de la première manche avec de belles remontées notamment sur les portants en plaçant mes gybes aux bons endroits et avec une belle vitesse.
Seconde manche ça avait bien commencé dans le groupe de tête quand j’entends un gros « bang », et le mât qui part un peu en arrière et sous le vent… Je me dis zut j’ai peté quelque chose mais quoi?? J’ai trouvé au virement suivant quand le mât est tombé sous le vent, haubans décroché du mat, manille de tête explosée… Je me dis c’est interdit d’abandonner, je répare et continue la manche! Je plante un axe de spare que j’ai toujours dans mon gilet de sauvetage, sur la ferrure du dessus à coup de leatherman, fais un brelage pour ré attacher les haubans et l’étai tout ça à la nage en haut du mât avec les concurrents qui passent autour de moi, puis repars en vol avec le gréement pas super bien accroché pour finir classé à la 35e place ! 
Ensuite je refais mon brelage à l’aide d’un zodiac qui m’aide à le remettre autant que possible dans l’axe, c’est pas parfait mais ça fera le job. J’ai juste le temps de sauter dans le bateau qu’on est deja en procédure de départ pour la manche suivante… Là je réalise qu’à cause de ça mon cuningham s’est décroché donc je passe encore quelques minutes dans l’eau pour le remettre… Du coup avec tout ça je prends le départ de la dernière manche avec 40sec de retard et remonte tant bien que mal la flotte avec mon bateau qui pèse 40 kg de plus que les autres avec toute cette eau qui s’est infiltrée, et mon gréement basculé sur le côté et arrière avec la réparation. C’est ni rapide ni confortable mais je m’énerve pour scorer une 10e place. 
Déçu de finir le championnat comme cela à une 6e place alors que je jouais la victoire mais c’est ça le sport mécanique. Le plus rageant est que j’avais voulu changer cette manille en arrivant ici mais que ma nouvelle ne rentrait pas sur mes terminaisons de haubans, donc je n’ai pas pu la mettre. Cette manille a tenu 4 ans et était en titane, maintenant je sais qu’il ne faut pas faire confiance au titane en fatigue… Si quelqu’un a de la documentation là-dessus je suis preneur. Bref, un resultat mitigé mais des belles choses notamment sur ma vitesse qui était vraiment solide sur pas mal de choses. Il faut encore travailler pour réussir à déjouer les pièges mais j’avoue que l’année n’a pas été propice à la réalisation des objectifs perso et pro et ça se voit. Mais il faut rebondir et progresser en regardant ses erreurs en face.
Un grand bravo à mon ami Carlo de Paoli qui remporte le championnat le dernier jour avec une voile 1D ! rande Carlo De Paoli Ambrosi !!!

À tout bientôt pour des nouvelles d’un nouveau projet… Stay tuned !!

The Foiling Week – Jour 3

The Foiling Week – Jour 3

Enfin une belle journée avec des conditions pour régater. 3 manches, que j’ai menées de bout en bout pour les remporter les 3 a la suite et avec pas mal d’avance. Ca fait du bien de faire du bateau après ces deux journées aux conditions bancales. En gros quand ca vole je suis super rapide, et je manoeuvre bien. Je n’ai touché l’eau que dans une seule manoeuvre aujourd’hui, l’avant dernier virement de la dernière manche. Donc deux « dry races » qui font vraiment plaisir. Ca s’est joué sur la position du seul virement en butée gauche du parcours au près (toujours la même chose…) et sur la vitesse. Et j’ai vraiment navigué proprement, et me suis fait super plaisir. J’étais a l’aise sur le bateau, c’était facile, enfin !! Une journée comme je les aime :)) et du coup je remonte sur la 3e place du podium a 4points de la tête… Tout va se jouer demain, je suis de retour dans le match et j’ai les crocs ! A vos pronostics ! A demain!!

The foiling week – Jour 2

The foiling week – Jour 2

Aujourd’hui encore une journée étrange : gros différentiel sur le plan d’eau à quelques mètres près et un vent hyper faible et localisé sur ma gauche du plan d’eau comme à chaque fois ici. Je passe en tête la première bouée avant que le vent s’évanouisse (en fait les bouées étaient encore mouillées 200m trop à droite…) mais on tombe tous des foils et la course est annulée. La suivante pareil, je suis en tête et tente une approche par la droite de la bouée au vent et donc tombe des foils, course annulée encore une fois. Après nous feront 3 manches de plus qui ne seront pas annulées, le comité s’étant décidé à déplacer un peu les bouées la où le vent est (c’est une veine de 200 m de large sur la gauche du plan d’eau, les bouées au vent et sous le vent ainsi que la zone de départ en étant exclus…) donc des manches où il se passe des trucs bizarres, des trous de vent inexpliqués, des passages de bouées en flottant ou les cartes sont redistribuées… C’est un peu dommage de ne pas avoir de bonnes conditions de régate. Cependant je note que j’ai fais des belles choses avec une super vitesse au portant et bonne au près aussi, mais encore trop d’erreurs ou de pièges sur la route… Avec ma voile 1D et le grand mât adapté au vent faible ceci dit ca va bcp mieux!!! Demain j3, espérons qu’on puisse courrir des manches décentes, ca manque un peu tout de même… Ce soir je suis 8e au general avec des manches de 7-4-7