National Moth 2022 : c’est parti !

National Moth 2022 : c’est parti !

Aujourd’hui c’est officiellement la reprise de la saison après un hiver plutôt dédié à mes projets d’ingénieur. Quel plaisir de retrouver les sensations sur l’eau aux côtés des autres compétiteurs de Moth.

La Classe Moth est réunie sur le lac de Cazaux pour concourir le Championnat de France jusqu’à dimanche, lancement des premières courses à 14h, restez connectés !

Suivez la course sur mes réseaux sociaux ou sur le Facebook de la Classe Moth : https://www.facebook.com/MothFrance

Projet Ingénieur : le nouveau Mini 6,50 1067

Projet Ingénieur : le nouveau Mini 6,50 1067

Cet hiver j’ai choisi de reprendre ma passion pour l’ingénierie pour la mettre au service d’un projet génial : décider un Mini 6,50 innovant sur tous les plans.

C’était mon gros projet de l’hiver, et je suis très heureux de voir ce bateau incroyable toucher l’eau depuis quelques jours à Lorient !

J’étais en charge de gérer la conception et le suivi de construction de ce nouveau prototype pour Caroline Boule. Je l’ai accompagné depuis le début sur les choix techniques, le dessin des foils, des systèmes, le plan de pont, et tous les autres choix techniques de ce bateau assez radicalement différent. Ce bateau a été dessiné aux côtés de Sam Manuard et représente le fruit de 10 années de mes réflexions et expériences, où tous les curseurs ont été poussés au maximum…

Ce Mini a été construit chez Multiplast en un peu plus de quatre mois (un record!!) avec un standard de qualité extrêmement élevé. Ceci a été rendu possible grâce à des fournisseurs/partenaires engagés, motivés, réactifs, et une équipe qui a travaillé jour et nuit, quel engagement de tous.

L’équipe qu’on a réunit autour de nous est à notre image, motivée, travailleuse, jusqu’au-boutiste. C’est grâce à chacun d’eux qu’on a réussi cette prouesse de construire ce Mini 6.50 qui risque bien de faire parler de lui.

Forcément quand on travaille 100h par semaine parfois il peut y avoir des coups de stress mais l’équipe est restée soudée vers l’objectif de sortir le Mini le mieux construit et le plus léger de l’histoire. C’est une énorme satisfaction et ça fait plaisir de manager cette équipe dans ces conditions aux côtés de Caroline et de son sponsor Nicomatic. Merci pour la confiance accordée.

Le baptême a lancé officiellement le projet à Lorient, et ce Mini a la chance d’avoir une marraine qui partage de nombreux points communs avec Caroline : la grande Samantha Davies !

Les premières navigations sont très prometteuses : on a enregistré une moyenne de 17 noeuds dès le premier bord sans même mettre de spi !! Restez connectés, les fois arriveront bientôt !

5e de la Transat Jacques Vabre : une transat réussie (et un joli coup de projecteur sur la classe Ocean Fifty)

5e de la Transat Jacques Vabre : une transat réussie (et un joli coup de projecteur sur la classe Ocean Fifty)

Les P’tits Doudous, le trimaran Ocean Fifty d’Armel Tripon et Benoît Marie, vient d’arriver à Fort de France (Martinique) ce mardi 23 novembre. Armel Tripon et Benoît Marie ont franchi la ligne d’arrivée à 20 heures 28 minutes 22 secondes (heure de Paris). Ils prennent finalement la cinquième place de la Transat Jacques Vabre après 16 jours 7 heures 1 minute en mer à la moyenne de 17,35 nœuds pour 6782,44 milles réellement parcourus sur l’eau. Les P’tits Doudous est aussi le sixième bateau à arriver en Martinique. Pas mal sur une flotte de 79 concurrents au départ !

C’est une belle aventure et quelque part une victoire aussi pour Armel Tripon et Benoît Marie : ils ont réussi à traverser l’Atlantique en étant compétitifs. La chose était loin d’être gagnée d’avance alors que leur bateau avait démâté l’été dernier. Une avarie majeure qui avait contraint les deux skippers nantais à réussir une véritable course contre la montre technique pour être au départ du Havre le 7 novembre. C’est du passé ! Aujourd’hui en Martinique, l’heure est à la joie d’arriver après une traversée de l’Atlantique réussie.

« Traverser l’Atlantique à la voile n’est jamais anodin »

Seize jours de mer et d’aventures plus tard, de grandes glissades rapides, de quelques avaries et de toutes les météos atypiques possibles, il y avait à la fois de l’émotion et du soulagement pour Armel et Benoît qui auront bien mérité quelques jours de repos en Martinique. Car comme répète souvent Armel Tripon « traverser l’Atlantique à la voile n’est jamais anodin ». Parce que cela engendre toujours de multiples péripéties impossibles à relater aux terriens dans leur intégralité. Des péripéties et moments de vie en mer faits de stratégie, de vitesse, de tactique et de technique mais aussi de sensations, de vie à bord, parfois aussi de simple contemplation de la mer, en communion avec la nature.

Armel Tripon et Benoît Marie se sont parfaitement entendus en mer, dans une ambiance excellente, toujours portés par l’adrénaline de la compétition, souvent avec humour comme ils le signalaient dans leurs carnets de bord. Armel et Benoît se souviendront longtemps du soutien reçu de toutes parts et des multiples décisions à prendre sur cette Transat Jacques Vabre. Par exemple et entre autres dès « la pire dorsale de ma vie » (dixit Armel) quand le vent était totalement absent du golfe de Gascogne en début de course et qu’il a fallu batailler pour trouver enfin du vent et revenir.

Souvent proches du podium provisoire

Au long de la course, les skippers des P’tits Doudous auront été très souvent proches du podium provisoire – sauf dans l’archipel des Canaries où le futur vainqueur Primonial s’échappait… à bord du bateau avec lequel Armel Tripon a gagné la Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2018, pour l’anecdote.

Les skippers des P’tits Doudous n’ont finalement pas réussi à remporter leur dernier duel avec Solidaires en Peloton à l’approche de la Martinique. Cela s’est joué à rien, mais peu importe après tout : quatrième ou cinquième ne change pas grand-chose à l’histoire. On l’a dit, réussir à traverser l’Atlantique en mode compétition est déjà une belle victoire. Qui plus est pour une bonne cause et avec le soutien de nombreux partenaires que les deux hommes ont tenu à remercier. En cerise sur le gâteau, le coup de projecteur médiatique sur la classe des Ocean Fifty (trois d’entre eux Primonial Koesio et Leyton ont été les premiers arrivés en Martinique devant l’Ultim Edmond de Rothschild) n’est pas pour déplaire aux deux skippers des P’tits Doudous. « Le bateau est fabuleux » nous a souvent répété Benoît pendant la course. C’est confirmé.

Ils ont dit :

Armel Tripon : « Ce match-racing sur la fin c’était vraiment sympa, ça a mis un peu de piment sur l’arrivée. C’est toujours bien d’avoir un bateau à côté de soi pour aller plus vite. C’était assez intense, très intense même. Elle était bien fatigante cette fin de course. 

On a quand même eu deux Pot au Noir pour le même prix ! La double peine. Mais on a montré que les bateaux de notre classe l’avaient traversé de manière assez extraordinaire. On allait vite tout le temps, mais ce sont quand même des zones un peu piégeuses. 

Il y a eu plein de super moments, de glisse, de bagarre. On a bien fonctionné, c’était cool.  

Il y a eu quelques passages clés dont la dorsale dans le golfe de Gascogne, le Pot au Noir où on s’est fait un peu lâcher par Leyton. Mais on n’avait quand même pas beaucoup de milles dans les pattes. On était encore en train de tâtonner sur pas mal de choses et dans les phases de transition ça fait des petites différences qui font que les autres peuvent nous distancer. 

La perte de l’aérien a été une vraie galère. Barrer, même régler le bateau sans avoir aucune info avec un vent très changeant n’était pas inintéressant mais ça nous a mis quand même une petite difficulté supplémentaire et de la fatigue. 

On a été au contact avec des bateaux tout le temps, avec Leyton notamment. Puis on a fini avec Solidaire en Peloton, on discutait avec eux à la VHF. Ils nous ont bien collés et à la fin, ils nous ont bien dépassés. On était un peu vexé, il faut le dire (rires) ! »

Benoît Marie : « De cette course, je retiens l’équateur… mon premier, c’était quelque chose. 

On n’a pas eu trop de problèmes, on n’a rien caché. Il y a eu un passage à niveau au niveau du Four et ceux qui avaient quelques mètres d’avance sur nous sont partis avec le courant. C’est un premier obstacle qu’on a payé toute la course. Après, il y a eu trois autres passages sans vent qui nous ont coûtés un peu cher. 

Il faut quand même rappeler qu’un mois avant le départ, on n’avait pas de mât et pas de sponsor. Être là, c’est quand même une sacrée victoire. 

Sans l’aérien, la nuit, on était un peu en aveugle. On ne savait pas quelle voile mettre parce qu’on ne voyait pas la mer, on ne savait ce qu’il y avait comme vent.

Ce matin, ce n’était pas l’ambiance à bord, mais ça fait partie du jeu et on est bien revenu sur eux. Mais on n’aime pas perdre (rires) !

On est très exposé sur ce bateau. On est sous l’eau en permanence. Les conditions de la transat étaient quand même idylliques. Mais on était à quatre pattes tout le temps, comme un chien dans la niche ! Il n’y a pas un endroit dans le bateau où tu es bien, assis, debout ou allongé ». 


Flash info : Les P’tits Doudous 5ème de la Transat Jacques Vabre en Ocean Fifty

Flash info : Les P’tits Doudous 5ème de la Transat Jacques Vabre en Ocean Fifty

Ce mardi 23 novembre, à 15 heures 28 minutes et 22 secondes en Martinique (20 heures 28 minutes et 22 secondes, heure métropolitaine), Les P’tits Doudous a franchi la ligne d’arrivée de la 15ème édition de la Transat Jacques Vabre en cinquième position de la catégorie Ocean Fifty.

Le duo Armel Tripon – Benoit Marie aura mis 16 jours 7 heures 1 minute et 22 secondes pour parcourir les 5 800 milles théoriques depuis Le Havre à la vitesse moyenne de 14,71 nœuds, mais il a réellement parcouru 6782,44 milles à 17,35 nœuds. 

Son écart au premier, Primonial, est de 17 heures 34 minutes et 8 secondes et seulement 12 minutes les séparent de Solidaires en Peloton qui s’emparent de la 4ème place suite à un finish d’anthologie.

Carnet de bord Voiles et Voiliers : « Soleil purpurin, mer céruléenne, pont sec, pleine lune »

Carnet de bord Voiles et Voiliers : « Soleil purpurin, mer céruléenne, pont sec, pleine lune »

« Je vous avais laissé dans la fournaise de l’équateur, l’humidité et l’inconfort le plus total sur le chemin des Antilles. La bagarre d’empannages à 23 noeuds de moyenne a finalement cessé au profit d’une bascule de vent de NE molissant, et c’est dans un long tour droit de plus de 1000 mn en tribord amure que nous avons engagé nos étraves. Depuis 2 jours nous sommes au coude à coude avec Solidaires en Peloton, et on s’appelle de temps en temps par radio VHF pour échanger des nouvelles du bord, des souvenirs et quelques infos de vent. C’est sympa de pouvoir papoter avec des concurrents en visuel au bout de deux semaines de course ! Il faut dire que ce bord depuis Fernando traine un peu en longueur avec le vent qui nous obligeait à manœuvrer toutes les heures puis maintenant faibles, qui allonge notre ETA. Au moment où j’écris ces lignes il reste un peu moins de 600mn avant la Martinique. Une distance couvrâble en a peine plus de 24h par nos superbes machines… Si on avait du vent !! Là on devrait mettre le double mais qu’à cela ne tienne, on ne s’en plaint pas. En effet, nous sommes en train de sortir du Pot au Noir, (saison deux!), et cette fois ci, vents erratiques il y a eu mais point d’activité orageuse. 

Soleil purpurin, mer céruléenne, pont sec, pleine lune. Changement de décor qui a redonné beaucoup de confort à notre vie à bord. Matossage à l’avant, on a même tenté la sieste sur le trampoline à l’avant ! Il y avait du spray donc j’ai décidé de rentrer dormir mon quart off dans la bannette à l’arrière de la coque centrale, mais comme on n’avance pas beaucoup, j’ai ouvert le capot latéral, pour ventiler un peu,…. La sieste à peine commencée, je me suis fais réveiller par une vague qui a décidé de finir sa vie sur moi, éclatant à travers le hublot et me recouvrant intégralement de la tête au pied, totalement trempé les yeux et le nez plein d’eau ! Forcément vu les conditions de température c’est pas si grave et au changement de quart je raconte ma mésaventure de la nuit à Armel, tous les deux hilares sur le pont à sécher ! Souvent j’entends des voix, la nuit d’ailleurs c’est souvent Armel qui me dit qu’il a besoin de moi (ce qui n’est à chaque fois absolument pas le cas) , alors je sors, lui demande « tu m’as appelé ? » Et vu l’activité du moment je comprends vite qu il s’agissait d’une hallucination créée de toute pièces par mon cerveau fatigué … A d’autres moments c’est un couinement d’une écoute que je prends pour un « Benoit !? », mais en réalité, pas du tout. Bref, on va bien dormir en arrivant !!

Dans le chapitre galère on a perdu les informations des deux capteurs de vent en haut du mât : impossible de savoir force et direction du vent, ce qui est fort handicapant sur un bateau où les angles de vent apparent se trouvent toujours entre 40 et 50 degrés… La nuit, c’est parfois bien difficile de savoir quelle est la bonne voile, ou si on navigue au bon angle… Plus de mode vent du même coup sur le pilote automatique, celui qu’on utilise quasiment en permanence ! Bref ça nous complique la vie, surtout que comme toutes nos télécommandes ont rendu l’âme, c’est pas toujours simple d’avoir le bon temps de réaction mais on s’accroche !!

Sinon on a le bonheur d’être éclairé par la lune qui nous permet de distinguer les voiles presque aussi bien qu’en plein jour. L’autre jour, l’astre s’est levé au moment du coucher de soleil, directement à l’opposé et la pleine lune rousse sortant de l’horizon nous a donné un spectacle magnifique alors que nous préparions un gybe pour retourner longer la zone interdite. Ce matin c’est le lever de soleil sous les nuages qui fut absolument fantastique, Thibaud, Fred et leur trimaran bleu 3 milles à notre vent. Ils sont coriaces ces copains d’ailleurs, et malgré la perte de leur grand gennacker ils sont difficile à semer !!! Toute la journée nous l’avons passé concentré sur la marche du bateau pour essayer de lui prendre quelques mètres. Le vent molissant par devant on a réussi à conserver notre faible avance… Et enfin le vent est un peu revenu par devant et pour le dîner on nous a servi quelques noeuds de plus comme prévu. Le pot au Noir version Ouest aura été une bande de vent calme, un grand lac plat plein de petits poissons volants en bancs, sur une eau prenant parfois des reflets teintés de vert quand on traverse les méandres de courants de l’Amazone. Une eau de forêt qui se mixe à la mer, c’est étonnant , on dirait presque qu’il y a quelques petites algues dedans !

Sous notre vent se trouve Kourou et la Guyane Française, ce petit bout de France amazonienne qui possède une place bien particulière dans mon histoire familiale puisque mon grand père y dirigeait le pas de tir et lançait les premières fusées européennes. C’est lui qui m’a donné le goût de la technique, de la science et de l’aérodynamique. Il aurait été fier de ma trajectoire et je pense bien à lui et à ces histoires d’un autre monde… C’est ça aussi le privilège du marin, c’est qu’il a le temps de contempler la géographie, imaginer la terre à ces endroits inconnus. J’aime ce voyage et à chaque fois je me dis, « tiens je viendrais bien découvrir le coin un de ces quatres ! ». 

Mais en attendant j’ai les yeux rivés sur notre gennacker et le speedo du bateau pour affiner le réglage qui nous permettra de garder cette 4e place jusqu’au bout ! Il faut sortir le plus vite possible de cette bande sans vent et faire du gain vers l’arrivée ! Le match avec le trimaran bleu ne fait que commencer… Rdv dans deux jours pour l’arrivée en Martinique, j’ai une envie de sorbet coco à motiver un mort de revivre. Alors on règle bien nos voiles et on avance ! A tout bientôt, préparez les ti punchs !« 

Revivez cette dernière semaine de course en vidéo :