Armel Tripon et Benoît Marie au départ de la Transat Jacques Vabre sous les couleurs de « Les P’tits Doudous »

Armel Tripon et Benoît Marie au départ de la Transat Jacques Vabre sous les couleurs de « Les P’tits Doudous »

Le premier est un marin qui a navigué sur tous les supports, remporté la Mini Transat en 2003, la Route du Rhum-Destination Guadeloupe en 2018 en Multi50 et récemment bouclé son premier Vendée Globe en 11ème position. Le second est un ingénieur inspiré et passionné, qui a deux transatlantiques à son actif, couronnées par deux victoires (Mini Transat 2013 et The Bridge 2017). Depuis plusieurs mois, Armel Tripon et Benoît Marie ont uni leurs talents et leur envie de s’exprimer au large à bord d’un Ocean Fifty. A quelques semaines du départ de la Transat Jacques Vabre qui s’élancera du Havre le 7 novembre 2021, cap sur la Martinique, ils ajoutent aujourd’hui des couleurs à leur projet. Fidèles à leurs engagements respectifs et aux valeurs qui les animent l’un comme l’autre, les deux skippers prendront le large à bord de « Les P’tits Doudous » embarquant dans leur sillage l’énergie des soignants et des enfants hospitalisés, et de ceux qui œuvrent aujourd’hui à un meilleur demain.
Le 1er février dernier, Armel Tripon en terminait avec son tout premier Vendée Globe à la 11ème place, à la barre d’un bateau révolutionnaire. De son côté, Benoît Marie faisait parler ses talents d’ingénieur en concevant son propre Moth de compétition et un voilier laboratoire avec pour ligne de conduite une fabrication eco-responsable Partageant de nombreux points communs dont des origines nantaises, une victoire sur la Mini Transat chacun et surtout la volonté de naviguer « utile » et de porter des messages forts, c’est un troisième vainqueur de la Mini Transat, Damien Grimont, qui orchestre la rencontre. Ensemble, ils mettent le cap sur un programme sur trois coques et une participation au tout nouveau circuit Ocean Fifty, sous les couleurs de « The Arch », événement accélérateur de la transition écologique en Europe imaginé par Damien. Entre les deux marins, la magie opère et les premiers rendez-vous sportifs leur permettent de prendre leurs marques et mettre de l’huile dans les rouages. Mais en août dernier, à l’occasion du Final Rush, épreuve finale du Pro Sailing Tour entre Toulon et Brest, le trimaran de 50 pieds démâte au large du Portugal. Une course contre la montre s’engage alors pour un objectif clair : être au départ de la Transat Jacques Vabre, le 7 novembre.

Les partenaires historiques des « P’tits Doudous » engagés et l’espoir d’en embarquer de nouveaux

A La Trinité-sur-Mer, port d’attache du bateau, les deux skippers s’activent pour répondre présents. Sur le plancher de la voilerie, la nouvelle garde-robe est en fabrication quand le mât est l’objet de toutes les attentions pour retrouver sa place dans le courant du mois d’octobre. Un timing serré qui n’empêche pas l’équipe d’avancer et d’annoncer de belles nouvelles. Ainsi, l’Ocean Fifty s’apprête-t-il à se parer de nouvelles couleurs et à rallier Le Havre à la Martinique sous le nom de « Les P’tits Doudous ». Soutien inconditionnel de l’association créée par Nolwenn Febvre depuis 2016, Armel n’a depuis jamais navigué sans embarquer avec lui les soignants et enfants qui, chaque jour, bénéficient des actions essentielles rendues possible grâce à la collecte du cuivre et métaux à usage unique au sein des hôpitaux. Ce nouveau chapitre qui s’annonce est rendu possible grâce au support d’un collectif d’entreprises partenaires au premier rang desquelles Niji, Moulin Roty et Act for impact, et de « The Arch » qui offre aux petits malades et à leurs anges-gardiens la plus belle des visibilités sur l’Atlantique.  Une aventure humaine qui n’aspire qu’à accueillir de nouveaux acteurs économiques pour partager cette belle dynamique.Un projet sportif et citoyen qui s’inscrit plus que jamais dans la volonté d’Armel et Benoît de rester fidèles aux hommes qu’ils sont…

Ils ont dit :

Armel Tripon, skipper de « Les P’tits Doudous » :
« Il y a chez moi une envie évidente de retrouver la course au large, ça fait partie de ce qui m’anime. Naviguer en double après le solitaire permet un partage d’expérience riche, d’autant qu’avec Benoît nous avons trouvé une belle complémentarité. Nous devons composer avec un planning serré, mais notre objectif est clairement de finir, du mieux possible. Nous y allons avec humilité parce que nous savons que d’autres sont bien plus prêts que nous… mais nous avons énormément d’envie, d’autant qu’en 22 transatlantiques, je ne suis encore jamais arrivé en Martinique !
Ce n’est évidemment pas anodin de mettre en avant deux associations partageant des valeurs fortes et qui me tiennent particulièrement à cœur. C’est beau de pouvoir proposer cette vitrine et de les mettre en avant. Nous cherchons tous à donner un sens à ce qu’on fait. Je suis ravi de naviguer mais cela reste un jeu. Amener cette dimension sociétale est une belle récompense qu’on nous offre, un beau témoignage de confiance ».

Benoît Marie, skipper de « Les P’tits Doudous » :
« Cette course sera ma troisième transatlantique et ma première Transat Jacques Vabre. Le fait de partir en double est excitant parce que nous sommes deux solitaires qui pouvons pousser les choses plus loin. Cela nécessite d’être bon techniquement mais aussi de savoir gérer l’humain sur un multicoque qui représente le top du top de la voile au large, et avec Armel, qui connait bien l’exercice, on ne pouvait rêver mieux.
Nous allons passer au large de plein d’endroits mythiques comme Fernando de Noronha et ce sera mon premier passage de l’équateur à la voile. Par ailleurs, j’ai passé pas mal de temps en Martinique et je connais bien l’arrivée et la baie de Fort de France. C’est un beau parcours et j’ai hâte de faire une belle trace sur l’Atlantique !
Je suis heureux de pouvoir me mettre au service d’une cause supérieure. J’ai toujours essayé de faire les choses avec un souci environnemental. C’est très ancré en moi. Le fait de pouvoir partager ces valeurs sur une course reconnue et de mener un projet de manière différente est très important »

Nolwenn Febvre, Présidente de l’association nationale « Les P’tits Doudous »
« Devant les remparts de Saint-Malo, je rencontre Armel, qui s’apprête à embarquer à bord d’un Class 40 pour affronter l’Atlantique. Nous sommes en 2016 et 20 associations « Les P’tits Doudous » embarquent sur  » The Transat « . Première tempête ensemble, la vie en mer n’est pas simple, le parallèle avec les soignants est pour moi une évidence. 
Depuis cette première aventure, Armel et « Les P’tits Doudous » ont continué de grandir ensemble, en Multi 50 et en IMOCA, sur l’Atlantique et sur les mers du globe… avec 100 associations, 1500 soignants embarqués et des milliers de doudous collectés pour les enfants ! 
Les soignants vivent la violence des tempêtes qui s’abattent sur les enfants, les familles face à la maladie. Comment avancer vers la victoire, trouver les ressources, se dépasser, ne pas lâcher, tomber, repartir vers des temps plus cléments. Armel est un ambassadeur ! Naviguer sur les océans, sur notre planète, donne du sens à notre engagement collectif. C’est simplement une rencontre, une aventure humaine, chacun s’enrichit dans les épreuves, dans les challenges et nous construisons nos projets, pour vivre et avancer ensemble ! Demain sera encore plus beau qu’hier ! »

Hugues Meili, PDG de Niji :
« Nous sommes fiers et heureux d’accompagner ce projet à double titre. D’abord, parce que nous soutenons « Les P’tits Doudous » depuis sept ans et que nous avons notamment pris en charge la réalisation du jeu « Le Héros, c’est toi ! ». Nous partageons des valeurs fortes d’audace, de bienveillance… Il y a, entre nos deux équipes, de la confiance et du respect. Mais cela tient également au fait qu’il existe, entre Niji et la voile, une longue histoire qui a pris des formes différentes au fil des ans. Cette fierté est collective et partagée par l’ensemble de nos équipes qui se réjouissent de voir notre soutien aux « P’tits Doudous » s’incarner aujourd’hui dans ce projet bateau qui va inévitablement renforcer l’enthousiasme en interne ».

Bruno Fustemberg, DG de Moulin Roty :
« Nous sommes aux côtés des « P’tits Doudous » depuis le début et nous n’imaginons pas ne pas continuer à soutenir l’association. Avec Armel c’est une longue histoire puisque nous avons commencé à l’accompagner en 2003 sur la Mini Transat. C’est un plaisir de prendre part à cette nouvelle aventure et de continuer à suivre cette association qui a vraiment de très beaux projets. Nous allons continuer à avancer ensemble, sur terre et sur mer ».

Raphaele Leroy, Directrice de la Direction d’Engagement d’Entreprise des Réseaux France de BNP Paribas :
« A travers son dispositif Act for Impact dédié aux entrepreneurs et associations à impact positif, BNP Paribas soutient « Les P’tits Doudous ». Aujourd’hui, nous sommes très heureux de poursuivre notre engagement aux côtés de l’équipe des « P’tits Doudous », et nos collaborateurs encore plus ! Tout au long de la Transat, du Havre à la Martinique, ils seront à quai pour proposer des petits doudous et donner au plus grand nombre l’envie d’embarquer dans l’aventure ».


En savoir plus :

Les P’tits Doudous – www.lesptitsdoudous.org :
Les P’tits Doudous sont un réseau d’associations de professionnels de santé qui œuvrent pour améliorer le vécu des enfants, des parents et des soignants à l’hôpital.
Notre mission est d’améliorer l’accueil et le bien-être des enfants opérés, de réduire leur anxiété par le jeu et le numérique avant l’opération chirurgicale.
Notre ambition est de faire évoluer les pratiques de soins à l’hôpital grâce à l’écoute des besoins des patients par les soignants et d’améliorer les conditions de vie du personnel soignant. En donnant la possibilité aux soignants de proposer eux-mêmes, des idées et des projets d’amélioration, en s’appuyant sur le numérique et sur le développement durable, nous les amenons à faire évoluer leurs pratiques. L’impact social de notre projet est donc important.

Conclusion du Mondial de Moth

Conclusion du Mondial de Moth

Le bilan personnel de ce championnat à haut niveau est partagé entre l’immense satisfaction d’avoir conçu un bateau qui en vitesse pure a un énorme potentiel et qui structurellement tient sans soucis et fonctionne vraiment bien, donc ça valide mon travail d’ingénieur réalisé ces derniers mois et c’était mon objectif n°1 sur ce championnat, et celui, plus mitigé mais logique, qui est le constat qu’un bateau neuf comme celui-ci nécessite du temps de prise en main.

Découvrir ce bateau en cours de régate ne permet pas de réellement régater et je me suis senti très en deçà de mes capacités et niveau de jeu habituel sur les phases de régates. Et sur ce plan d’eau où le seul salut est sur la gauche du plan d’eau sur un bord obligatoire, il est indispensable de prendre des bons départs, ce que j’ai eu beaucoup de mal à faire.

Maintenant l’objectif pour le prochain mondial sera de régler ce gréement qui n’est encore pas assez auto régulant à mon goût, et de passer des heures sur l’eau pour savoir utiliser ma machine et réellement régater à mon niveau. Par exemple je cherchais en cours de championnat le compromis sur la hauteur de vol qui permettait de contre gîter plus ou d’avoir moins de surface dans l’eau mais être plus à plat. Mais si on n’arrive pas à stabiliser l’assiette on ne peut pas utiliser la puissance procurée par la contre gite. Normalement une année normale je fais entre 12-17 régates, or cette année je n’ai fait qu’un grand prix en trimaran et un offshore.

Mais je le savais et je suis venu sur ce mondial sans prétention de résultat mais pour voir ce que ce nouveau bateau avait dans le ventre, et malgré la frustration de ne pas jouer à mon niveau (34e/142) je repars en ayant le sentiment d’avoir rempli mon contrat et c’est ce qui compte. L’an prochain je viendrai non pas en tant qu’ingénieur dévelopeur mais en tant que marin régatier, et ça va être une autre histoire !!!

Un immense bravo à Tom Slingsby qui garde haut la main la coupe de ce mondial en gagnant toutes ses manches sauf une où il fait second. Comme à Perth en 2019 sa vitesse était insolente et il ne fait pas d’erreur , donc personne n’a pu rivaliser. Bravo à Ian Jensen et Paul Goodison qui complètent ce podium, et un clin d’oeil particulier a Aymeric Arthaud qui a monté une superbe campagne pour finir 19e et premier français.

Photos : Martina Orsini

Mondial de Moth à foil : un nouveau prototype « full custom »

Mondial de Moth à foil : un nouveau prototype « full custom »

Après une saison en trimaran de 50 pieds (Ocean Fifty), le skipper Benoit Marie est actuellement en Italie avec son Moth à foil, le dériveur le plus rapide du monde, support d’entraînement convoité par les plus grands marins de la Coupe de l’América et des Jeux Olympiques.

Le Mondial de la série commence aujourd’hui sur le lac de Garde jusqu’au 7 septembre. Benoit s’apprête à s’aligner sur ce championnat avec un nouveau prototype fraichement sorti de chantier. 

En parallèle de ses navigations en Ocean Fifty (ex-Multi 50), Benoit a tenu à continuer ses développements sur le Moth : sa soif de développement l’a poussé à poursuivre ses recherches d’ingénieur pour dessiner et construire LE Moth optimisé selon lui pour performer. 

Ce bateau représente la concrétisation de 7 années d’expériences. Avec son design très marqué et ses innovations du bord, ce Moth Volotea attire l’attention de l’élite de la classe depuis sa présentation au lac de Garde cette semaine !

L’objectif de Benoit va être de rentrer une – ou plusieurs – belles places pour valider que ce bateau a de l’avenir, mais c’est bien une démarche d’ingénieur qui prend le dessus pour faire bouger les lignes et penser la voile volante de demain.

Benoit part avec la ferme envie de faire de son mieux sur l’eau : « Difficile de prétendre aux meilleures places compte-tenu de la récente sortie de chantier de mon bateau mais après cette année sur 3 coques et ses difficultés (démâtage en Ocean Fifty), je souhaite vraiment prendre du plaisir et continuer la fiabilisation de mon Moth. Il a des phases super rapides sur l’eau, mon objectif sur ce championnat va être de valider ces phases éphémères dans la constance ».

Genèse du projet avant le top départ !

« Tout a commencé en 2014 au championnat du monde de Moth en Angleterre. Nous imaginions avec mes amis « mothards » ce que serait le Moth à foil de demain ? Les grandes lignes c’était de faire une voile scellée sur le pont pour créer un effet de plaque. De mon côté j’ai développé le gréement en essayant une multitude de manières de le sceller au bateau. Des bords d’attaque et carénages en dur, des toiles tendues, des « decksweepers » qui se relevaient avec une porte pour virer… J’ai essayé pleins de choses pour finalement développer la fameuse bôme en Z qui m’a tant apporté en terme de performances. 

En 2016 avec mon ami Tony nous avons fait le constat que le Moth « Exocet »  était un gros cran au-dessus du « Mach 2 » que nous avions alors. Mais 3 à 4 ans de liste d’attente n’était pas pour nous réjouir. Alors nous avons commencé à concevoir le moth de nos rêves, où tout serait intégré, plateforme et gréement… 

Mais dans la foulée j’ai fais l’acquisition de mon Exocet que j’ai gardé jusqu’à maintenant, et sur lequel j’ai posé cette fameuse bôme en Z. Pas forcément belle d’aspect mais oh combien efficace ! Et fin 2019, mon bateau commandé en 2016 finit par arriver… 

Mais comme je ne suis pas du genre à me contenter de naviguer sur un bateau de série, j’ai entrepris des études numériques pour quantifier les gains de profiler les échelles. Les résultats étant équivoques, il me semblait évident que ce nouveau bateau devait être « full custom ». 

Un tel chantier en revanche ne se confie pas à n’importe qui. Il fallait quelqu’un de compétent, débrouillard, sachant interpréter mes plans pour construire léger, raide, solide et durable, à des couts raisonnables et sans avoir des plans d’architectes, tout en respectant la confidentialité et l’esprit du projet avec une grosse motivation pour aller au bout d’un projet qui semblait simple mis qui, je le savais, ne l’était pas. 

C’est Milan Kolacek de Sea Concept, avec qui je faisais du Mini en 2012, qui répondait le mieux au cahier des charges. Je lui ai donc livré la coque neuve reçue du chantier 1 an plus tôt le 11 Avril 2021, à La Rochelle. 

Entre temps j’avais avancé sur la 3D et le moule était commencé en République Tcheque dans son chantier. 3 mois plus tard et après avoir passé un paquet d’heures en visio à gérer le chantier, optimiser structure, forme et méthodes de fabrication avec lui et avec l’aide si précieuse de Johan Boutserin à la structure et mon fidèle Anthony Rezzoug sur les méthodes, je prenais possession de « la boite » de carbone finie, sur une aire d’autoroute autrichienne, au cours d’un retour du lac de Garde. La suite c’est encore beaucoup d’heures à monter le plan de pont, matelotage, systèmes, à vérifier l’étanchéité, à améliorer le gréement, et à tout optimiser. 

Et, enfin, le 12 août dernier, à l’Ecole Nationale de Voile de Quiberon, et après quelques centaines – voire milliers – d’heures de travail à imaginer, calculer, concevoir, dessiner en 3D, tester les intéractions entre les différentes pièces, faire des pièces pour essayer les nouvelles géométries sur l’ancien bateau pour valider l’ergonomie et limiter les prises de risque, checker les futures performances en CFD, analyser les écoulements, reprendre la 3D, imaginer la méthode de fabrication, re-modifier la 3D en conséquence, re-tester, calculer et optimiser la structure, passer les cordages en virtuel pour s’assurer que ça fonctionnera sans interaction puis enfin lancer et suivre la fabrication, accastiller et mateloter le plan de pont… La magie opéra !

Le premier décollage fut un moment émouvant, de voir son bébé (parce qu’il y a un peu de cela…) décoller pour la première fois, et entrapercevoir son potentiel, m’a apporté une immense satisfaction. Première sortie première casse cependant, j’avais un doute sur l’accroche des sangles de rappel et sur celui du piano. La première a cédé direct, alors j’ai posé quelques plis de carbone pour enlever le doute sur ces deux endroits, et depuis la structure semble super saine. Une vraie satisfaction, surtout quand on sait que le bateau est sorti plus léger que mon devis de poids (une fois n’est pas coutume !). Seconde navigation avec mes camarades français je commence à voir des gains en performance assez important même si tout ne fonctionne pas encore, n’ayant pas eu le temps de monter tous les systèmes… La troisième le vent souffle à un petit 20 noeuds, je claque un 30,9 noeuds de vitesse de pointe, ça sent quand-même le bateau bien né ! Depuis chaque jour la job list se réduit et je suis heureux de prendre le départ aujourd’hui du Mondial en Italie.

Ce bateau est donc le fruit de 7 années de réflexions. Pensé pour optimiser les flux aéro et limiter la traînée de l’air qui représente les 2/3 de ce qui freine le bateau. Ce bateau devrait présenter moins de traînée et plus de puissance. Tous les cordages et systèmes sont cachés à l’intérieur du bateau, la voile descendue au maximum et les échelles au max de ce qui peut géométriquement fonctionner.

Je suis au lac de Garde où je m’entraine depuis déjà une dizaine de jours pour affiner les réglages et enchainer les speed tests. Aujourd’hui je m’aligne sur le championnat du Monde de la série, avec cette fois-ci une approche d’ingénieur et l’envie de faire une – ou plusieurs – jolies places pour montrer le potentiel de mon bateau pensé sur-mesure ! 

J’ai vraiment hâte mais c’est déjà une belle victoire d’être là ! Il faut réapprendre à naviguer car le bateau est assez différent en sensation et utilisation vu qu’il navigue plus vite, plus contre-gité. Retrouver mon aisance, et performer autant que possible sur le Mondial qui est une formidable occasion de naviguer face aux meilleurs.

L’ambition de jouer aux avant-postes reste bien l’objectif à long terme mais ce Mondial va être avant tout une belle occasion de prendre mon bateau en main pour retrouver l’aisance que j’avais avec mon Exocet. J’ai opté pour une année passionnante en multicoque et je n’ai eu que 6 sorties en Moth en Bretagne, avec l’aide incroyable de Jean Truffier qui est venu accélérer la mise au point les derniers jours. Mais on a abattu un travail colossal jours et nuits et le résultat est fantastique, de mon point de vue ! L’objectif de ce championnat est de valider les options architecturales et définir les axes de travail pour la suite, pour poursuivre avec ma double casquette de navigateur-ingénieur avide de vitesse et de performances !

Donc merci Jean, Milan (Sea Concept), MaguireBoats, Kevin Ellway et le Bureau Veritas Group / Hydrocean HO pour les calculs CFD, Johan Boutserin pour la structure, Antony Rezzoug, Quentin et Foil n Co pour la jolie bôme, Marton pour la magnifique 1D – One Design Sails, Jean-Christophe Mathelin de Atypic3D pour les impressions 3D, Elliot, Côme et tous ceux qui m’ont aidé en chemin. 

Là aussi, ça part de là, mais quelle belle réalisation, je suis hyper fier et heureux ! Hâte de m’aligner contre les médaillés olympiques et de tester mon prototype pour voir où il en est niveau performance… »

Suivez toute l’actualité de la course sur les réseaux sociaux @benoitmarienavigateur !

Back home

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Ca y est, notre trimaran blessé est rentré jeudi dernier à La Trinité sur Mer. Content de le voir à la maison, prêt à être réparé pour revenir plus fort que jamais. Ca fait du bien même si c’est toujours douloureux de le voir sans mât. On va rebondir et le bateau sera plus fiable et rapide.

« ʟᴀ ᴩʟᴜꜱ ɢʀᴀɴᴅᴇ ɢʟᴏɪʀᴇ ɴ’ᴇꜱᴛ ᴩᴀꜱ ᴅᴇ ɴᴇ ᴊᴀᴍᴀɪꜱ ᴛᴏᴍʙᴇʀ ᴍᴀɪꜱ ᴅᴇ ꜱᴇ ʀᴇʟᴇᴠᴇʀ à ᴄʜᴀqᴜᴇ ᴄʜᴜᴛᴇ » 𝘕𝘦𝘭𝘴𝘰𝘯 𝘔𝘢𝘯𝘥𝘦𝘭𝘢

On profite de cet incident pour faire quelques travaux en vue de la Transat Jacques Vabre qui amélioreront stabilité, sécurité, fiabilité et performance sur le long terme.

L’opportunité pour un sponsor n’en est que plus grande, on prépare notre monture pour être de retour sur le circuit et continuer à jouer aux avant-postes ! On a déjà hâte de retourner l’étrenner avec Armel Tripon mon co-skipper !

De mon côté je me concentre ces prochaines semaines sur mon Moth, mon petit bijou de technologie et de vitesse qui frôlent les 30 noeuds régulièrement ! Je fais route vers l’Italie pour le Mondial de la série début septembre, je vous en dis plus très vite sur le nouveau Moth que j’ai construit, avant de revenir naviguer sur notre beau trimaran dès que le chantier sera fini !

Le trimaran The Arch démâté de retour à La Trinité-sur-Mer
Objectif Transat Jacques Vabre

Objectif Transat Jacques Vabre

Me revoilà en France, avec un sentiment partagé entre la satisfaction d’avoir donné le meilleur de nous et le regret que tout s’arrête en quelques secondes suite à notre démâtage. 

Tout d’abord je tiens à féliciter l’équipage de Leyton qui a remporté avec classe la finale du Pro Sailing Tour. Un parcours sans faute pour Sam Goodchild et son équipage cette année puisqu’ils réalisent le grand chelem !!! Encore bravo les boys and girls ! (Oui car il est à noter leur très bonne initiative de faire rentrer des filles dans leur équipage, on aimerait en faire autant car la mixité est un sujet important pour nous aussi donc les filles, n’hésitez pas à nous envoyer vos candidatures !)

Un grand bravo également à l’équipage d’Arkema mené par Lalou Roucayrol et Quentin Vlamynck qui prend la seconde place cette année ! On ne saurait vous remercier pour la belle prise en main que vous nous avez faite. 

Bravo aussi à Thibault Vauchel-Camus de Solidaires en Peloton pour cette belle 3e place, et à tous les autres, et spécialement Sébastien Rogues de Primonial qui nous a permis de courir cette course en nous prêtant sa vieille grand voile, et à la voilerie All Purpose pour le prêt du gennacker ! 

Du point de vue du bilan personnel, voilà ce que j’en retiens :

– d’un côté la déception de ne pas avoir pu courir cette finale jusqu’au bout, nos espoirs s’étant brisés au moment où notre mât s’est écroulé sous charge, et sans que aucun périphérique ne casse et en respectant son utilisation normale. C’est très étrange et ca ne devrait jamais arriver, donc on va continuer nos investigations pour tenter de comprendre ce qu’il s’est passé, notamment en analysant les données enregistrées des capteurs lors du démâtage.

– cette frustration du sportif cependant peut (et doit !) être tournée en quelque chose de positif. Et oui car même si perdre son gréement et voir son navire blessé ça fait vraiment mal au coeur, je réalise après coup que ça nous est arrivé au moment le moins pire. On a pu naviguer un max, apprendre pleins de choses sur notre bateau et ses points forts et faibles, on a navigué un épisode aux Canaries ainsi que la grande finale de 4 jours au contact de nos camarades au départ de Toulon. Je retiens que nous n’avons pas de complexe de vitesse ou de quelque sorte à avoir face à nos concurrents. Nous étions en tête de la course à moins de 0,5 milles de Leyton, le grand vainqueur du tour, après 4 jours à faire des bons coups tactiques à répétition. Je suis fier de mon équipage et de la manière dont on a géré la chose. On a levé le pied la première nuit quand c’était chaud, on n’a pas pris de risques et malgré cela le mât est tombé. Ca veut dire qu’il serait tombé un jour et mieux vaut ici à ce moment-là avoir peu de vent et de mer, de l’eau à courir à la dérive et les secours pas loins qui nous ont permis de tout récupérer, des vieilles voiles archi rincées qu’on a banni pour la suite du programme quoiqu’il arrive, que lors de la prochaine sortie, après le chantier de préparation pour la Transat Jacques Vabre, avec beaucoup moins de temps pour se retourner ou pire, au milieu de l’Atlantique avec du vent fort.. On limite les dégâts clairement, et ça va nous permettre de revenir plus forts, avec un bateau fiabilisé et un mât plus solide. On va reprendre le dossier, analyser, corriger ce qui doit l’être. Il faut rebondir, avancer, apprendre, progresser. 

Chaque jour de ma vie c’est mon objectif et je prends cette difficulté comme un autre challenge à surmonter. Ce n’est pas le premier et ça ne sera en aucun cas le dernier. Notre travail de skipper c’est d’accepter ces challenges imprévus et les dépasser, un à un. La victoire sur la Transat Jacques Vabre n’en aura qu’une encore plus belle saveur ! Car je suis persuadé qu’on a l’outil et l’équipage pour jouer la gagne. Mais pour pouvoir continuer à jouer aux avant-postes, il faut vraiment qu’on trouve un ou des partenaires pour pouvoir rebondir vite et réellement avoir les armes prêtes et un bateau au max de son potentiel. On parle de l’équivalent d’un budget de Figaro pour peut-être jouer les honneurs de la ligne avec les Ultimes en Martinique. C’est pour moi le meilleur coup qu’un sponsor puisse faire aujourd’hui, donc on vous attend !

Voilà, du positif il y en a beaucoup, on est clairement dans le match et notre duo complémentaire fonctionne bien, un peu de frustration de ne pas avoir pu sécuriser notre place sur le podium oui mais en tout cas pas d’amertume.

Comme dirait Armel le Cleac’h « ça repart de là ».

A bon entendeur…